La galette a-t-elle toujours autant la cote ?


En ce mois de janvier plane comme un effluve de nostalgie en souvenir des fêtes de fin d’année et des bons repas partagés en famille. Heureusement il y a l’Épiphanie et son traditionnel gâteau des Rois pour nous remettre d’aplomb, nous et notre estomac.
Des galettes, on en voit de toutes les sortes dans les commerces et pâtisseries et ce, parfois dès le mois de novembre. On en trouve au chocolat, à la fraise, à la pomme, aux agrumes, de toutes les tailles et certaines cachent même plus d’une fève. Mais la galette a-t-elle toujours autant la cote ?




Brève histoire de la galette des Rois

Pour remonter à l’origine de la tradition du « tirage du roi », il faut remonter à l’Antiquité. En effet, chaque année pendant la période fin décembre-début janvier, lors des Saturnales (fêtes romaines dédiées au titan Saturne on choisissait un esclave pour le nommer « roi ». L’heureux désigné avait alors, le temps d’une journée, tous les droits. Le tirage au sort était effectué à l’aide de la fève d’une galette et il était déjà dans les mœurs que le plus jeune se mette sur une table et répartisse les parts. À l’ère chrétienne, cette tradition romaine s’est mue en célébration à l’honneur des rois mages durant l’Épiphanie. Au Moyen Âge, la galette était à toutes les tables royales, sauf en 1711 où, à cause d’une pénurie de farine, on a dû mettre les festivités de côté. Il était aussi d’usage chez les boulangers d’offrir chaque année à leurs meilleurs clients, un gâteau du roi. Faisant de l’ombre aux pâtissiers, cette tradition fut par la suite supprimée.

Mais, pendant la Révolution, lorsque tout ce qui avait attrait à la royauté était décrié, la traditionnelle « fête des Rois » a failli connaître des heures sombres. On voulait la rebaptiser « fête des philosophes » ou encore « fête du bon voisinage ». Mais malgré la légende urbaine et le fait que certains sans-culottes n’étaient pas très enjoués par l’idée du « gâteau des Rois », à aucun moment il ne fut question de l’interdire. Tout juste peut-être la renommer. D’année en année, de siècle en siècle, la tradition de la galette a perduré.

La galette de nos jours


Si historiquement, l’Épiphanie se célèbre chaque année le 6 janvier, en France, on préfère déguster la galette le premier dimanche strictement après le premier janvier. Mais les goûts et les couleurs ne sont pas tous les mêmes selon les régions de la France. Au Nord, on est plus galette à la frangipane, au Sud, on préfère la galette briochée en forme de couronne. Représentant près de 10 % du chiffre d’affaires annuel des boulangers et une marge de 20 % en moyenne, l’Épiphanie fait des heureux et pas seulement chez les mangeurs de galettes. Il s’en vend environ 30 millions chaque année. Et près d’un Français très gourmand sur 10 en mange même plus de cinq par ans : au bureau, lors du conseil syndical de copropriété, avec les grands-parents ou les amis, lors d’une réunion d’association… ça peut aller vite.

La tradition de la galette séduit tout le monde ou presque. Selon un sondage OpinionWay, 85 % des Français célèbrent l’Épiphanie. Même à l’Élysée, on en mange. Instaurée par Valéry Giscard d’Estaing, la galette présidentielle est la seule qui n’a pas… de fève ! Un petit clin d’œil aux révolutionnaires qui voulaient supprimer tout lien entre royauté et tradition de la galette.

Et la galette des Rois dépasse aussi les frontières de l’hexagone. Chez les voisins, on en mange aussi. Si les Belges les préfèrent à la frangipane, les Suisses, eux sont plus fans de brioche.
Malheureusement, la plupart des galettes vendues dans le commerce sont issues des transformations industrielles et sont simplement cuites sur place. C’est pourquoi une personne sur cinq préfère préparer ses galettes elle-même. 

Tradition pérenne vieille de plusieurs siècles, une chose est sûre, la galette ne connaît pas la crise.


Vidéo : La galette des Rois à l’Élysée.



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